Natation : deux médailles d’or pour Sébastien KOUMA à Dakar


Notre compatriote Sébastien KOUMA a participé à la huitième édition des championnats d’Afrique zone 2 de natation les 27, 28 et 29 mai 2022 à la piscine olympique de Dakar. 22 nationalités ont participé à cette rencontre sportive durant laquelle le Malien a remporté deux médailles d’or.
Après son sacre, la rédaction de Joliba FM a échangé quelques propos avec le nageur qui représente le pays depuis 2016 à tous les championnats internationaux.
- Quelles sont vos premières impressions après vos deux victoires ?
« Je suis extrêmement fier de pouvoir porter haut les couleurs de mon pays ainsi que mon nom : KOUMA. Sans le soutien de ma famille et de ma fédération, il est clair que je ne serais pas dans ces dispositions-là, et je ne serais pas épanoui comme je le suis aujourd’hui. »
- Vous venez de remporter deux médailles d’or…
« Effectivement, j’ai pu nous apporter deux médailles d’or sur le 100 mètres brasse et sur le 50 mètres brasse. J’ai pu conserver mon titre que j’ai depuis 2018. C’est donc la troisième fois consécutive que je suis champion d’Afrique de l’Ouest sur 50 mètres et 100 mètres brasse. »
« Je suis arrivé ici donc dans un état de fatigue assez élevée, mais je suis content, car, sur le 50 mètres, ça a mine de rien bien répondu. Je tiens à vous souligner tout de même que j’ai battu le record des championnats sur le 50 mètres brasse : depuis 2018, cela porte à 7 le nombre de records des championnats d’Afrique de l’Ouest zone 2 que j’ai pu battre. »
- Qu’est-ce que cela signifie ?
« Cela signifie qu’à toutes les éditions des championnats d’Afrique de l’Ouest de la zone 2, sur désormais 4 courses, mon nom est inscrit sur la plaquette, mais mon pays également. Ce qui signifie aussi que tant que ces records ne sont pas battus, et je sais qu’ils seront battus un jour, j’ai un petit frère qui porte le même nom que moi : eh bien le monde verra, l’Afrique de l’Ouest verra que le Mali possède au moins 4 records sur les 17 courses en natation. »
- Comment vous êtes-vous préparé pour cette compétition ?
« Je tiens à remercier mon entraîneur, Éric REBOURG, avec qui j’évolue en France, à Dijon, qui me soutient et a toujours été là pour moi. Cette compétition que sont les championnats de l’Afrique de l’Ouest, n’est qu’une étape par rapport aux championnats du monde qui auront lieu dans moins d’un mois. Donc, je suis arrivé ici dans un état de forme qui était très loin d’être optimale. Nous avons effectué des stages d’une à deux semaines dans le sud de la France à Dijon. Et nous nous sommes vraiment axés sur certains de mes points faibles techniques, mais on a beaucoup travaillé sur l’endurance. »
- Quelles sont les prochaines étapes ?
« La prochaine étape, ce sont les championnats du monde à Budapest, en Hongrie, qui débuteront le 18 juin : je nagerai le 100 mètres brasse et le 20 juin, je nagerai le 50 mètres brasse. L’idée, là-bas, est de me dépasser comme d’habitude, d’être épanoui et d’aller toujours plus loin pour battre mes meilleures performances et donc les records nationaux du Mali. »
« Le post-olympique (Sébastien KOUMA a représenté le Mali lors des derniers Jeux olympiques à Tokyo. NDLR) a été un peu spécial, puisque, en plus de mon projet sportif, j’ai également un projet professionnel. Effectivement, j’ai désormais 25 ans et il me paraissait logique de quitter la maison, donc aujourd’hui, j’ai un loyer et j’essaye de me gérer le mieux possible seul. J’ai quelques aides, disons-le, mais elles restent tout de même insuffisantes, car je n’ai pas aujourd’hui d’aide financière stable ni de sponsor qui me suive et qui me permette de m’épanouir totalement dans mon sport. J’espère en trouver un bientôt. »
- Quels sont les défis auxquels vous faites face en tant que sportif ?
« Les choses ne sont pas toujours roses, je ne vous cache pas que ces dernières semaines, et même ces derniers mois, ont été assez compliqués, car, mener sur deux fronts travail et entraînement sportif de haut niveau pour aller chercher de la performance, ce n’est pas une chose évidente. Je fais de mon mieux chaque jour que Dieu fait, pour rendre fiers mon pays qui me fait confiance et ma famille qui est toujours derrière moi. »
- Quelques mots à l’endroit du Mali et de la fédération malienne de natation ?
Je remercie le Mali, dont j’ai reçu de nombreux messages de soutien et de félicitations. Je remercie bien évidemment comme je l’ai dit plus tôt, mon entraîneur, ma fédération, le président du comité olympique, M. Habib SISSOKO et le président de la fédération malienne de natation, M. Mamourou BOUARÉ pour leur soutien. Je remercie ma famille, la famille Kouma qui est présente en France et au Mali. C’est un honneur et une fierté pour moi de pouvoir porter nos couleurs et notre nom internationalement. Même ici à Dakar j’ai de la famille, et vous savez à quel point les liens du sang sont importants. »
- Votre mot de la fin ?
« Je terminerai par un dernier mot sur le Sénégal, c’est ma deuxième fois ici. Je suis très, très heureux de pouvoir évoluer dans ce bassin, la piscine olympique de Dakar. Malgré les circonstances très tristes auxquelles nous devons faire face (le décès de l’ancien président de la fédération sénégalaise de natation quelques jours avant la compétition.NDLR), j’ai été extrêmement bien accueilli par les enfants et par le peuple sénégalais, et c’est à moi de les remercier. J’essaye d’être performant à chacune de mes sorties, à chacune de mes compétitions, mais nager au Sénégal, et particulièrement à Dakar, me fait chaud au cœur. Je me sens presque à la maison.
« Je fais un gros clin d’œil à Jeanne, Abdoul, ainsi qu’au président de la fédération sénégalaise de natation et de sauvetage, Dr Mohamed DIOP, que je remercie pour tous ses conseils et toute son aide, je sais que je peux compter sur lui, n’importe où. Et c’est ce qui me fait dire que je me sens aussi presque sénégalais. Merci aux membres de la fédération sénégalaise de natation et de sauvetage. »
Joliba FM
La Rédaction
Crédit photo : Ousseynou NIANG
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