Nigeria : 23 morts dans des attaques jihadistes et de bandes criminelles

Au moins 23 personnes, dont trois enfants, ont été tuées mardi dans trois attaques distinctes attribuées à des jihadistes et à des gangs criminels dans le nord du Nigeria, selon deux rapports de sécurité préparés par l'ONU et consultés par l'AFP mercredi.

Les deux rapports indiquent que des jihadistes de Boko Haram ont tué 11 personnes lors d'un raid contre un village de l'État de Borno (nord-est), tandis que 12 autres personnes sont mortes lors d'attaques de bandes criminelles (appelées localement "bandits") visant deux villages de l'État de Zamfara (nord-ouest).

L'attaque des jihadistes a eu lieu dans la localité de Pubago, dans la zone administrative de Rumirgo (État de Borno). "Onze personnes ont été tuées et une église incendiée", selon l'un des rapports.

Les deux attaques de bandits ont visé les villages de Rumbuki et Nikai, dans la zone administrative de Bukkuyum (État de Zamfara), indique l'autre rapport.

Les assaillants ont attaqué Rumbuki à moto, "tuant neuf personnes et blessant huit autres habitants", tandis que plusieurs personnes sont toujours portées disparues. Ils se sont rendus également dans le village voisin de Nikai, où "trois enfants" ont été tués.

Les jihadistes mènent depuis 17 ans une insurrection armée dans le nord-est du pays, tandis que des gangs criminels spécialisés dans les enlèvements contre rançon terrorisent depuis plus d'une décennie les populations du nord-ouest et du centre du Nigeria.

Bien que les bandits soient motivés principalement par des gains financiers et sans idéologie affichée, leur rapprochement croissant avec les jihadistes suscite l'inquiétude des autorités et des experts.

Dans le nord-est, les groupes jihadistes Boko Haram et l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont intensifié ces derniers temps leurs attaques contre des bases militaires et des communautés, causant la mort de plusieurs civils et militaires, y compris parmi les hauts gradés de l'armée.

L'armée nigériane est fortement sollicitée sur ces fronts, ainsi que sur celui de groupes séparatistes dans le sud-est. Ses troupes dénoncent une fatigue croissante ainsi qu'un manque d'équipements adaptés.

Source : AFP
Crédit photo : La Croix