Nigeria : Washington retire une partie de ses soldats mais maintient le partage de renseignements

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Les États-Unis ont réduit leur présence militaire au Nigeria après avoir retiré une grande partie des quelque 200 soldats déployés dans le cadre d’une opération spéciale contre l’insurrection jihadiste dans le nord-est du pays. L’annonce a été faite par le commandant du Commandement américain pour l’Afrique (Africom).

Cette décision intervient après une opération conjointe menée en mai par les forces américaines et nigérianes dans la région du lac Tchad. Des frappes aériennes y ont été effectuées, entraînant la mort d’environ 200 combattants du groupe État islamique, dont l’un de ses principaux dirigeants à l’échelle mondiale.

« Nous avons retiré une grande partie de nos troupes, qui étaient présentes uniquement pour cette mission », a déclaré jeudi le général Dagvin Anderson, chef de l’Africom, lors d’un point de presse tenu à Luanda, en Angola. Il a toutefois précisé que la coopération avec le Nigeria se poursuit, notamment à travers le partage de renseignements et un appui opérationnel adapté aux besoins.

De son côté, le ministre nigérian de la Défense, Christopher Musa, a confirmé que les soldats américains avaient été déployés spécifiquement pour cette opération. Composé d’environ 200 militaires non engagés dans les combats directs, ce contingent était arrivé plus tôt dans l’année dans le cadre de missions de formation et d’assistance technique.

« Ils sont venus, ont mené l’opération, accompli leur mission, puis sont repartis », a-t-il indiqué.

Le nombre exact de militaires américains toujours présents sur le sol nigérian reste inconnu. Une porte-parole de l’Africom a simplement précisé que des forces américaines sont toujours déployées dans le pays, avec des effectifs susceptibles d’évoluer selon les besoins opérationnels.

Selon le général Anderson, l’armée nigériane a intensifié ses opérations depuis l’intervention de mai. Elle mènerait désormais de manière autonome plusieurs actions ciblées, ce qui aurait favorisé une augmentation des défections et des redditions au sein des combattants de l’État islamique dans le nord-est.

La région est en proie à une insurrection jihadiste depuis 2009, initialement portée par Boko Haram, puis par sa branche dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).

Face à la recrudescence récente des attaques et des enlèvements, le président Bola Tinubu a décrété en 2025 un état d’urgence sécuritaire à l’échelle nationale. Dans le même contexte, Donald Trump avait évoqué la possibilité d’une intervention militaire américaine, dénonçant ce qu’il qualifiait de « persécution » et de « génocide » contre les chrétiens ; une analyse rejetée par les autorités nigérianes et la majorité des experts, qui soulignent que les violences touchent indistinctement musulmans et chrétiens.

Enfin, l’armée américaine, en coordination avec Abuja, avait déjà mené des frappes le jour de Noël dans l’État de Sokoto, dans le nord-ouest du pays, visant des combattants affiliés à l’État islamique.

Crédit photo : Ahraminfo

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