Mauritanie : grâce accordée à deux députées qui ont accusé le président de discrimination

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Le Président mauritanien a accordé, Jeudi 09 juillet 2026, sa grâce à deux députées condamnées à quatre ans de prison et à la perte de leurs droits civiques, selon l'agence de presse mauritanienne.

Le 04 mai, après un procès placé sous haute surveillance, Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem avaient été condamnées à une peine ferme de quatre ans pour avoir accusé le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de pratiquer une discrimination raciale contre les Noirs et les descendants d'esclaves dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Poursuivies pour « atteinte aux symboles de l'État » et « diffusion de propos à caractère raciste », les deux élues avaient notamment qualifié sur les réseaux sociaux le Président Ghazouani de mentor d’un « apartheid en Mauritanie ». Toutes deux sont membres de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une ONG de défense des droits humains.

La Cour avait en outre ordonné la suppression des contenus numériques, la confiscation de leurs téléphones et la fermeture de leurs comptes en ligne.

Officiellement aboli en 1981, l'esclavage perdure en Mauritanie, bien que les sanctions aient été durcies en 2015. Le pays, qui compte 5,5 millions d'habitants, est composé de plusieurs groupes ethniques : les Maures (blancs ou Arabes), les Haratins, descendants d'esclaves noirs subsahariens affranchis, les Soninkés, les Peuls, entre autres.

Pour rappel, en 2012, le Global Slavery Index estimait que 10 à 20% de la population vivait encore en esclavage, soit jusqu'à 680 000 personnes.

Crédit photo : Cridem

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